
Le chocolat a toujours été une évidence pour Aurélien, sans déclic précis ni moment fondateur à raconter : « Ça a toujours été une évidence pour moi, depuis très jeune déjà. » Dans les maisons lyonnaises où il se forme, il apprend à gérer une équipe et une structure, mais aussi à observer différentes façons de travailler, de quoi se forger peu à peu sa propre technique et sa propre identité.
Cette identité, il la cherche dans la différence. Si 98% des chocolatiers français partent d'un chocolat déjà transformé, Aurélien choisit de repartir de la cabosse de cacao elle-même, pour se démarquer et reprendre la main sur chaque étape de la transformation. Un objectif dont il est fier aujourd'hui : « Je voulais repartir de la source et aujourd'hui j'ai réussi. »
Repartir de la cabosse, c'est d'abord choisir ses producteurs. Aurélien suit la charte de Bean to Bar France : pas de travail des enfants dans les productions, agroforesterie, respect de la biodiversité. Ce sont souvent les producteurs eux-mêmes qui viennent le solliciter. Avant de s'engager, il prend le temps de les connaître : « On s'intéresse à l'histoire du producteur, à sa production, à comment il perçoit le produit et comment il le travaille. » Vient ensuite la dégustation, pour s'assurer que les arômes lui plaisent. Il voyage aussi très régulièrement pour les retrouver sur place : « J'essaie d'en faire un maximum, pour bien me rendre compte des gens avec qui je travaille. »


Ces débuts se sont pourtant déroulés dans un contexte tendu pour toute la filière. Quand Aurélien débute avec l'envolée du prix du cacao en 2024, il anticipe une hausse de 50%. Elle atteint finalement près de 120%. Il doit absorber ce choc dès la première année, avec des moments où payer les charges est compliqué, tout en respectant au minimum le cours du cacao auprès de ses producteurs. « C'était une période rude pour nous, et je pense pour tous les chocolatiers », souligne Aurélien.
Avec un peu plus d'historique, il peut aujourd'hui se projeter. Sa gamme a doublé en moins de deux ans, son équipe de deux personnes devrait passer à trois ou quatre d'ici la fin de l'année prochaine, et une nouvelle boutique est en préparation. Aurélien avance petit à petit, dans la confiance, avec une idée en tête : « Je préfère faire moins et mieux », dans le respect du produit et du sourcing.
Des parcours comme celui d'Aurélien Plassard illustrent la diversité des savoir-faire et l'exigence des artisans que nous nous attachons à mettre en lumière au Salon du Chocolat et de la Pâtisserie. Une occasion pour les visiteurs de rencontrer directement des artisans passionnés et d'échanger avec eux sur leur métier.
